Communication - Ecoute,  Empathie,  Trucs et astuces

Mon enfant est maladroit ? Comment réagir ?

Nous avons tous rencontrés des situations durant lesquelles notre enfant renverse sa soupe ou casse un objet par inadvertance et cela nous exaspère. Nous voudrions adopter une attitude constructive. Mon enfant a encore renversé un verre, il trébuche souvent… Il est maladroit ? Comment réagir ?

Mon enfant est maladroit. Comment réagir ?
Crédit photo H Armstrong Roberts

 

Mon enfant est maladroit ? Ce qui se passe chez moi.


Notre première réaction est une crispation physique et un mécontentement. C’est une réaction réflexe et, généralement, on commence par montrer notre mécontentement puis on enchaine avec un reproche ou une leçon de morale à l’enfant. Dans bien des cas, on va immédiatement écarter l’enfant et nous mettre à ramasser ou à nettoyer en faisant plus ou moins la tête. En faisant ainsi, on répète tout simplement les gestes que les adultes ont eu avec nous quand nous étions enfants, sans plus y réfléchir.

Notre première réaction est une crispation physique et un mécontentement.


Et bien, profitons de cette lecture au calme pour nous rappeler une situation récente vécue avec notre enfant et pointer la caméra sur nous-même. Commençons pas nous donner une bonne dose d’auto-empathie. “J’ai déjà tellement de choses à faire à la maison en plus de mon travail ! Je me serais bien passée de devoir me mettre à quatre pattes pour ramasser le bol de céréales. En plus, juste avant de partir à l’école ! Comme si on n’était pas suffisamment en stress comme ça le matin. En plus, je me suis mise en colère et je me suis sentie mal toute la matinée. Franchement, il ne pourrait pas faire plus attention ?” Allez-y, lâchez tout. C’est un monologue entre vous et vous-même.

La suite de l’approche selon la Communication Non Violente un peu plus bas…



Mon enfant est maladroit. Ce qui se passe chez lui.


Maria Montessori explique que l’intelligence se développe par le mouvement. Elle rappelle que la nature donne la perfection du mouvement aux animaux mais que chez l’homme ce mécanisme n’existe pas à la naissance et qu’il va devoir le créer par des expériences pratiques dans l’environnement.

L’homme peut faire bien plus de mouvements que les animaux. Son habileté à agir n’est pas limitée, à condition qu’il le fasse par lui-même. Riche de potentialité, il choisi la part de richesse qu’il va utiliser. (Éducation pour un monde nouveau – Maria Montessori)



Pour revenir à l’exemple du verre d’eau, je me suis aperçue que l’on met généralement des verres en plastique aux plus jeunes enfants car on veut éviter qu’ils ne cassent un verre en verre ! Résultat les verres en plastique, bien plus légers, se renversent régulièrement. A l’inverse, Maria Montessori met à disposition des enfants des objets fragiles tels qu’un joli vase en verre ou un service à thé en porcelaine. C’est justement pour que l’enfant fasse l’expérience de manipuler des objets fragiles et apprenne à maîtriser ses gestes.

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Si l’enfant les fait tomber et qu’ils se cassent, ils sont perdus à jamais et la peine ressentie est déjà pour lui la plus terrible des punitions. (L’enfant dans la famille – Maria Montessori)

Au fond de nous, on nourrit une crainte inavouée. Si on s’empêche de marquer le coup par une remarque ou si on évite de souligner la maladresse, on pense que cela risque de rendre la situation banale pour l’enfant et qu’il la répète. C’est une croyance non fondée.



Alors, sans hésitation, on peut proscrire définitivement les phrases du style “tu es maladroit”, “tu aurais pu faire attention”, “tu m’agaces”… Si c’est systématique, cela aura pour conséquence que de faire baisser sa confiance en lui et augmentera les chances qu’il devienne vraiment maladroit. Car personne n’est maladroit de naissance.



“C’est pas grave…” !?!


A l’extrême opposé, une autre réaction possible est parfois de dire “c’est pas grave”. Mais, là aussi ça peut créer une confusion chez l’enfant. Si l’enfant les fait tomber et qu’ils se cassent, ils sont perdus à jamais et la peine ressentie est déjà pour lui la plus terrible des punitions.Comme indiqué, l’enfant est déjà mal à l’aise et, généralement, il est touché par la situation. Si un verre s’est brisé, il a ressenti une forme de peur. Ca a fait du bruit. C’est inhabituel. Il a bien compris qu’il n’a pas maîtrisé son geste. En disant “c’est pas grave”, on risque de créer une confusion dans ses ressentis. Il est perturbé par ce qui vient de se passer, il voit bien que nous aussi par la même occasion et on lui signifie que ce n’est rien.



Inviter l’enfant à participer à la réparation


Et si on essayait tout simplement de décrire la situation ?
“L’assiette a glissé de tes mains et elle s’est cassé en 1000 morceaux. Est-ce que ça t’a fait peur ? Est-ce que ça va ? Ne t’inquiète pas on va la ramasser ensemble.” Et on lui propose de prendre sa petite pelle et sa balayette en même tant que nous. Dans toutes les situations dans lesquelles il peut participer à la réparation, permettons-lui de devenir acteur.

Dans toutes les situations dans lesquelles il peut participer à la réparation, permettons-lui de devenir acteur.


Et, cerise sur le gâteau, on peut en profiter pour lui apprendre des compétences qui lui seront utiles pour toute sa vie. Par exemple : “Dans toutes les situations délicates, il y a toujours au moins une solution…”



L’approche selon la Communication Non Violente

Suite de la première étape d’auto-empathie…


Une fois que l’on a évacué toutes nos pensées négatives, on peut passer aux étapes suivantes.

1. Essayez de décrire vos émotions.

“Je suis fatiguée par les tâches ménagères. Je suis épuisée de devoir répéter les consignes. Je me sens seule. Je me sens découragée…” Remarquez que ces émotions n’impliquent pas de tierce personne.

Je suis fatiguée par les tâches ménagères. Je suis épuisée de devoir répéter les consignes. Je me sens seule. Je me sens découragée...


2. Essayer de nommer votre besoin.

Étonnamment, c’est parfois très difficile car on ne s’accorde pas le droit de nommer nos besoins. J’ai besoin de soutien / de temps pour moi / d’empathie… Voici une liste susceptible de vous y aider car on manque cruellement de vocabulaire.

Liste-des-sentiments-et-besoins

3. Étape cruciale : repensez à une situation durant laquelle ce même besoin a été comblé.

Ce peut être dans une toute autre situation. Par exemple : hier, les enfants ont activement coopéré pour se préparer avant d’aller à l’école et je suis restée calme. Je ressens en moi ce qui se passe à l’évocation de cette situation dans laquelle mon besoin de coopération a été comblé. Je reste avec cette sensation.

4. Je formule une demande

  • Je m’occupe de mon besoin dans le moment présent = une demande à moi-même

J’ai vraiment besoin de temps pour moi. Je décide de demander à mon partenaire / ma nounou / ma belle-sœur de garder les enfants deux heures ce samedi.

  • Je m’exprime avec authenticité

Je partage avec mon enfant mes sentiments et mes émotions et nomme mon besoin.

Je partage avec mon enfant mes sentiments et mes émotions et nomme mon besoin.

Ce cheminement peut tout à fait se faire en décalé. En effet, c’est un processus avec lequel on se familiarise petit à petit et, au début, il est fort possible que nos réactions réflexes prennent le dessus. Alors, on reprend une bonne dose d’auto-empathie (voir le 1er paragraphe) et on évite de culpabiliser.

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Mon enfant est maladroit ? Des pistes à explorer.

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  • De manière générale, on pense à permettre à l’enfant de se dépenser physiquement dans la journée pour évacuer le trop plein d’énergie mais également parce que les activités telles que la marche, le vélo ou encore lancer un ballon vont favoriser ses apprentissages moteurs.
  • On peut rappeler les règles en amont. Elles sont formulées sans négation : A table, on reste assis / On peut jouer au ballon dehors / On respecte les affaires des autres…
  • On peut aussi proposer à notre enfant de refaire la manipulation qui lui a donné du fil à retorde, en dehors du contexte et en prenant le temps : Se servir un verre d’eau avec une bouteille en verre….

Et s’il s’agissait d’un problème physique ?

La maladresse est rarement liée à un problème psychomoteur. S’il y a des maladresses régulières, on peut toujours en parler à notre pédiatre afin qu’il/elle contrôle la vue, l’ouïe ou qu’un podologue contrôle ses pieds, ses chaussures…



Conclusion


Rappelons-nous que notre enfant a le droit d’être maladroit. Il a le droit d’avoir des gestes imprécis. Il n’a pas encore la maitrise totale de son corps. Nous pouvons être indulgent.

Et on a aussi le droit d’être entendue dans nos besoins… en premier lieu par nous même.



Surtout ne me croyez pas, expérimentez…

 

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