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COMMENT GÉRER LES OPPOSITIONS ?

Vous rêvez de découvrir comment gérer les oppositions des enfants ? Vous avez essayé l’autorité, le laisser-faire, mais les oppositions de votre enfant continuent de vous laisser démunie ? Vous trouverez dans cet article des ressources pour vous aider à y voir plus clair et des clefs pour accueillir ces moments difficiles.

Le "non" de l'enfant est d'abord une façon de dire "je suis"
Photo by Ryan Franco on Unsplash

Tous les enfants entre 1 et 3/4 ans traversent une période du “non” et, autant le dire ouvertement, c’est une phase difficile pour les parents souvent découragés et remplis d’un sentiment d’impuissance. Afin de pouvoir gérer les oppositions des enfants, il faut comprendre ces comportements. Les enfants font leurs premiers pas vers leur identité propre et apprennent à s’affirmer. Le « non » de l’enfant est d’abord une façon de dire « je suis ».


S’opposer, pour l’enfant, n’est pas un caprice, c’est un processus fondamental. L’enfant s’oppose à toute personne qui veut lui imposer son désir. Et on oublie trop souvent que les relations avec nos enfants peuvent se baser sur la coopération.

 

Si cette voie vous attire mais que vous n’avez aucune idée de la façon dont cela peut s’appliquer concrètement, vous apprécierez la lecture de cet article basé sur un extrait du livre d’Inbal Kashtan : “Être parent avec son cœur”.

 

Face à un enfant qui s’oppose, l’adulte a trop souvent le réflexe de prendre le contre-pied ou d’insister, au nom de « l’obéissance ». Avec ce schéma dépassé, la situation peut très vite empirer et se coincer. L’enfant se sent très triste de ne pas être compris. Parce que renoncer à son « non » pour obéir (faire plaisir) c’est pour lui comme renier son identité naissante, rester le bébé alors que la nature le pousse à grandir. Voyons donc les attitudes à éviter et à adopter face aux oppositions des enfants.



Les attitudes à éviter pour gérer les oppositions

Éviter les rapports de force

Une attitude d’opposition a facilement tendance à nous irriter. Toute notre valeur ajoutée de parent bienveillant sera d’éviter d’entrer dans un affrontement ou un rapport de force et de désamorcer le conflit. Évitez de faire d’une situation d’opposition une guerre de pouvoir où il n’y aura que des perdants.

Pour l’enfant, s’opposer est souvent une façon de montrer qu’il a son mot à dire.  Il est essentiel de signifier à l’enfant que l’on a entendu, par exemple en reformulant de manière positive.

Au lieu de dire : “Tu ne veux pas quitter le parc, mais moi, j’ai encore le dîner à préparer”, on peut dire : “J’entends que tu aimerais tellement continuer à jouer au parc.” Il y a de grandes chances qu’il réponde OUI. On peut alors poursuivre en se mettant à la hauteur de l’enfant : “Je suis très heureuse que tu t’amuses tant au parc. J’ai également eu beaucoup de joie à partager ce moment de jeu au parc. Et en même temps, je me sens inquiète.  J’aimerais que l’on partage un bon diner ensemble ce soir et je dois rentrer le préparer.”  La suite est à adapter en fonction de l’âge des enfants. Pour les plus jeunes, on pourra simplement proposer : “Tu peux descendre encore une fois le toboggan, grimper au sommet du bateau de pirate et ouvrir la porte tout seul”. On peut choisir les activités dans le sens de la sortie. Pour les plus grands, on peut leur dire qu’on leur laisse encore 5 minutes. 

Éviter de se mettre en colère

Idéalement, il faut garder son calme, rester neutre et tâcher d’avoir confiance sur le fait qu’une issue gagnant-gagnant est possible, même si elle ne nous apparaît pas immédiatement.

Rappelez-vous que l’enfant absorbe tout de son environnement et notamment les réactions de ses parents. En d’autres termes, le parent est le miroir de l’enfant. S’il s’énerve à chaque opposition, l’enfant apprendra qu’il faut réagir ainsi.

S’il est trop difficile de garder son calme à ce moment là, on peut relâcher la pression dans une autre pièce et prendre quelques minutes pour respirer.

Si les tensions se répètent, je vous invite à télécharger gratuitement mon e-book gratuit en bas de cet article.



Éviter d’utiliser le non

Si les enfants utilisent très rapidement le non, c’est également parce qu’avant de savoir parler, ils ont entendu à maintes reprises cette protestation de la part des adultes. On peut facilement remplacer le non par d’autres mots et les varier : STOP, attention, hep hep hep, ola… et réserver les refus catégoriques aux règles les plus importantes.

Je vous renvoie également à mon article sur l’avantage de remplacer la négation par des affirmations positives.

On peut facilement remplacer le non par d’autres mots et les varier


Les attitudes à adopter pour gérer les oppositions

Valoriser le oui

A nous d’observer lorsque notre enfant coopère facilement et de partager notre ressenti à ce sujet. Par exemple, on pourra dire : “Tout à l’heure, quand je t’ai demandé de ranger tes kapla, tu les as tous remis dans la boite. Je me suis sentie vraiment joyeuse et légère car ça m’aide beaucoup quand on travaille en équipe pour ranger la maison.” Notre enfant aura inévitablement envie de reproduire cette attitude. Les enfants aiment nous voir joyeux.

En effet, l’expression authentique aura plus d’impact qu’un jugement même positif du style :“tu es adorable”, “tu as été bien sage, ça fait plaisir à maman”… vous comprendrez pourquoi dans cet article au sujet de l’éducation sans récompense selon la CNV.

Poser des questions ouvertes

On pourra avantageusement éviter les questions fermées auxquelles l’enfant répond par oui ou par non.

Quel short est-ce que tu veux mettre aujourd’hui ?

On lit combien de pages de l’histoire aujourd’hui ?

Se concentrer sur les vrais « non »

Inutile de se crisper sur toutes les situations de refus. Il est possible d’ignorer volontairement certains comportements et de revenir sur notre demande ultérieurement. Trop d’interventions de notre part auront l’effet inverse de celui recherché : nos interventions n’auront plus aucun effet sur l’enfant ou l’opposition augmentera. Les enfants ont besoin de sentir que nous ne sommes pas constamment sur leur dos, que nous ne surveillons pas leurs moindres faits et gestes. Choisir volontairement de ne pas intervenir est une intervention en soi.

Écouter l’enfant

Parfois le non prononcé par l’enfant n’a aucun sens. On le remarque notamment lorsque l’enfant dit non même à quelque-chose qu’il aime. Il est possible que l’enfant soit simplement fâché ou fatigué.

Écouter l’enfant, c’est également accepter ses “non”. Quand vous sentez la légitimité dans sa conviction, ne pas insister permet à l’enfant de renforcer sa personnalité, son estime de soi et la confiance qu’il s’accorde et qu’il vous accorde. Avec le temps, il adoptera la même attitude avec vos “non”.

Favoriser l’autonomie

Comme nous l’avons vu, la phase d’opposition correspond souvent à un besoin d’affirmation. Notre enfant entre dans une période de construction de son indépendance. Un moyen indispensable de mieux gérer les oppositions de votre enfant est de lui offrir de nombreux espaces d’autonomie dans un cadre sécurisé. Je vous invite à lire cet article tiré du blog panda productif, une mine d’or pour se faciliter la vie au quotidien.

La phase d’opposition correspond souvent à un besoin d’affirmation
Photo by Amanda Kirsh from Burst

Si cet article vous a plu, vous apprécierez également l’article qui vous donne 5 astuces pour  gagner l’adhésion de votre enfant. Gardez confiance ! Vous serez tellement joyeuse quand les “non” seront remplacés par les “bon, d’accord”. Je les entends désormais quotidiennement et je me dis que ça valait vraiment le coup d’adopter une attitude bienveillante avec mes enfants Smile

Je vous invite à me partager dans les commentaires les situations d’opposition qui représentent encore un challenge pour vous et vous dis à bientôt pour un nouvel article sur le thème du “non”.

Surtout, ne me croyez pas, expérimentez.

NB : A noter qu’il existe des situations plus problématiques qui s’expriment sous la forme de troubles d’opposition, troubles de la conduite ou encore TDAH. Ceux-ci nécessitent la consultation de spécialistes pour poser un diagnostique. Si votre enfant a été diagnostiqué TDAH, je vous recommande chaleureusement le site Mieux vivre le TDAH.

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2 commentaires

  • Fabienne

    Bonjour Tatiana, je te remercie pour ta lecture de cette article et ta contribuion. Je me sens partagée devant cette expérience. Certes, au niveau physique, l’enfant semble ne pas avoir mal et ne pas être en danger. Toutefois, au niveau émotionnel et psychologique, c’est tout autre chose. Le message pour l’enfant pourrait se traduire ainsi : lorsque tu vis une tempête émotionnelle que tu exprimes par des cris, je ne supporte pas ces cris et tu dois trouver une solution pour te calmer tout seul et isolé. Mais comment pourrait-il trouver cette solution seul ? Son cerveau n’est pas fini (il le sera vers ses 25 ans). Il n’a donc pas accès à son néocortex pour l’aider à faire la part des choses sur ce qu’il vit. De plus, comment pourrait-il « inventer » un moyen de se calmer si on ne lui montre pas nous même comment nous procédons et si on ne lui donne pas de clef. Ce pourrait être de grandes respirations, faire pipi, boire de l’eau, prendre un doudou, pleurer, prendre un livre ensemble sur la colère et lui expliquer ce qui se passe en lui. Il est certain qu’avec le temps cela s’estompe car le message est qu’il n’a aucun soutien de notre part dans ces moments là et que ces moments là doivent disparaitre. Est-ce que l’émotion va disparaître pour autant ? Non, elle sera réprimée. Et il nous manquera donc les outils pour des situations similaires en tant qu’adulte. Nous les gèrerons par la répression de ces émotions.
    Il me semble que l’on ne peut pas utiliser de « technique » lorsque l’enfant est en crise.
    Après, je peux comprendre une maman à bout de force qui choisit cela pour éviter elle même de crier. Mais il semble dommage de recommander cela comme une « technique ». Il y a toujours quelque-chose en amont qui a amené à la crise et c’est important de faire la lumière dessus. Et nous avons un gros travail pour découvrir comment accueillir les émotions et proposer de vrai outils à nos enfants.
    Je serai ravie de lire ton avis sur ce retour et d’échanger. Merci encore, Fabienne

  • Tatiana

    Alors moi j’ai géré les plus grosses crises d’opposition de mes filles à la maison en les isolant quelques minutes : « tu as le droit d’être en colère, d’avoir envie de hurler, de ne pas être d’accord mais moi j’ai le droit de ne pas rester à côté de toi quand tu fais autant de bruit donc je t’emmène dans ta chambre et quand tu seras calmée, tu auras le droit de revenir avec moi ». Au début, c’est assez difficile à vivre car il faut supporter d’entendre son enfant hurler mais il faut bien se souvenir qu’il n’a pas mal et qu’il n’est pas en danger. Au fur et à mesure, les crises d’opposition se sont assez vite espacées et duraient de moins en moins longtemps. J’ai donné le truc à une de mes filles qui a 15 ans maintenant et qui a dû gérer quelques crises lors de ses premiers baby-sitting de cet été. Les deux premiers jours ont été difficiles mais après, le petiot à vite compris que ça ne servait à rien de continuer à hurler 😉 et ça s’est super bien passé. J’avais lu cette technique dans un livre de parentalité positive mais je ne me souviens pas du titre…

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