CNV

Elever nos enfants avec bienveillance

Après la lecture de ce court ouvrage de Marshall B. Rosenberg, il m’est apparu indispensable de vous partager son contenu sous la forme de résumé. En effet, je pense à vous tous les parents en quête de solutions concrètes dans les situations difficiles rencontrées avec vos enfants. Et j’ai également bien conscience de la première difficulté majeure que nous rencontrons tous, le manque de temps.

Alors, sans plus attendre, voici l’essence du livre de Marshall B. Rosenberg . « Elever nos enfants avec bienveillance ».

Marshall Rosenberg - élever-nos-enfants-avec-bienveillance

Courte présentation de l’auteur

Pour ceux qui ne le connaissent pas encore, Mashall B. Rosenberg est le père fondateur de la Communication Non Violente, appelée CNV, qui fait des miracles au sein, des familles, des couples et des organisations qui l’adoptent. Mashall B. Rosenberg a écrit des dizaines d’ouvrages sur le sujet et donné des centaines de conférences dans le monde entier. Il parcours le monde pour pour promouvoir la paix. Il a proposé sa médiation pour la résolution de conflits dans des écoles mais aussi dans des zones d’affrontement terribles comme en Israël et Palestine ou encore en Afrique orientale. Il nous apprend à réviser complètement notre façon de communiquer et nous explique qu’en réalité, c’est tout simplement un retour à notre nature profonde initiale, le langage du cœur et l’envie spontanée d’être présent pour les autres.


Prise de conscience de notre attitude de parent envers nos enfants

Dans cet ouvrage dédié à la relation parents / enfants, il nous propose de porter attention à l’utilisation des mots que nous employons et il commence par le mot ENFANT. Il raconte un exercice qu’il met en place régulièrement lors des ateliers avec les parents. Deux groupes séparés doivent rédiger un exemple de conflit et le dialogue mis en place pour le résoudre. Dans le premier cas, le conflit est avec un enfant et dans l’autre avec un voisin. Puis les deux groupes sont réunis pour restituer leur dialogue. Or, il s’avère systématiquement que le groupe qui travaillait sur la situation de conflit avec un enfant communiquait avec moins de respect et de compassion que le groupe qui travaillait sur le cas d’un conflit avec un voisin.

Et, en effet, sans nous en rendre compte, parce que nous avons collé l’étiquette ENFANT, nous créons un statut différent entre lui et l’adulte, qui, selon ses termes, déshumanise l’enfant. En effet, dans notre culture, le parent désigne l’autorité et il est de sa responsabilité de faire en sorte que l’être portant l’étiquette enfant se comporte d’une certaine manière. Pourtant en cherchant à obtenir des autres qu’il nous donnent ou fassent ce que nous voulons, nous menaçons leur autonomie et leur liberté de choix. Or, dans une telle situation, la personne, adulte ou enfant, sent qu’elle est privée de sa liberté de choix et va probablement résister alors même qu’elle aurait volontiers accédé à notre demande.

« Notre besoin de protéger notre autonomie est tellement fort que, si nous sentons que l’autre à cette seule idée en tête, qu’il agit comme s’il savait ce qui est le mieux pour nous et qu’il ne nous laisse pas le choix de notre comportement, alors nous résistons d’autant plus. »


Les limites de la contrainte, de la punition et des récompenses

Oui, tout comme nous, Marshall avec ses trois enfants s’est rapidement aperçu de son manque de pouvoir dans la tentative de les obliger à faire quelque-chose : ranger un jouet, manger, faire leur lit. Il a tenté d’utiliser alors l’ultime pouvoir de leur faire regretter leur désobéissance… Il ne pouvait que constater que le cycle de la violence s’enclenchait. Ce fut pour lui les plus belles leçons d’humilité car il ne voulait pas avoir ce genre de relation avec ses enfants.

Petite aparté. Je trouve totalement rassurant que Marshall ait rencontré les mêmes difficultés que nous et ça me donne beaucoup d’espoir 😉

Si on se demande uniquement : “Que voulons-nous que votre enfant fasse autrement ?”, alors, la menace d’une punition peut effectivement paraitre efficace. Mais si on se demande : “Quelle motivation souhaite-t-on que notre enfant ait pour faire ce que nous lui demandons ?”, alors la punition ou la contrainte montre ses limites. Marshall nous explique que l’alternative n’est pas la permissivité ou le laxisme, ni la récompense. En effet, dans le cas de la récompense, le processus est le même que pour la punition, nous exerçons notre pouvoir sur les autres.

« Nous percevons les demandes comme des exigences quand nous pensons que nous seront réprimandés ou punis si nous ne faisons pas ce qu’on nous a demandé. Cette idée a de quoi éteindre tout enthousiasme à faire quoi que ce soit ! »



La qualité de la relation ou le pouvoir avec l’autre

La CNV suppose que nous n’essayons pas d’influencer l’autre en le faisant souffrir s’il ne fait pas ce que nous voulons ou en lui laissant miroiter une récompense s’il nous obéit. Ce mode de communication nécessite que nous abandonnions les jugements moralisateurs à l’égard de nos enfants – c’est bien ou mal, bon ou mauvais – en faveur d’un langage fondé sur les besoins. Nous développons notre capacité à expliquer à nos enfants en quoi leur comportement est en harmonie ou en conflit avec nos besoins, mais en le formulant d’une manière qui ne suscite chez l’enfant ni honte, ni culpabilité.

Exemples :

“J’ai peur quand je te vois taper ton frère, car j’ai besoin de savoir que les membres de notre famille sont en sécurité”.

“Je suis frustré quand je vois que ton lit n’est pas fait, car j’ai vraiment besoin de soutien pour maintenir l’ordre dans la maison.”


Transformer notre mode de communication habituel

Ce changement de comportement suppose que nous soyons présents auprès de nos enfants et que nous les écoutions avec empathie lorsqu’ils sont en détresse. En tant que parent nous sommes toujours prêts à bondir pour prodiguer conseils et solutions en cas de problème. Et pourtant, un enfant qui dirait : “Personne ne m’aime” se sentira beaucoup plus entendu si on lui répond par une présence silencieuse et un regard empathique ou en reformulant : “On dirait que tu es vraiment triste, parce que tu ne t’amuses pas beaucoup avec tes amis ?”. Marshall nous invite à nous efforcer de le comprendre vraiment plutôt que de lui donner des conseils ou tenter de résoudre son problème.

« Je propose en réalité […] une relation de confiance mutuelle entre les deux parties plutôt qu’une relation d’autorité de l’une sur l’autre. »


L’amour inconditionnel

Marshall raconte qu’il a demandé à son enfant de trois ans s’il savait pourquoi son papa l’aimait. Le petit garçon répondit que c’était parce que désormais il faisait pipi dans le petit pot. Après une seconde tentative, il répondit que c’était parce qu’il ne jetait plus la nourriture par terre. Il s’est alors senti triste parce qu’il se rendait compte que son enfant ne pouvait penser autrement. Il lui expliqua qu’il l’aimait simplement parce qu’il était lui, tout en sachant pas trop si l’enfant allait comprendre mais il comprit que le message était passé.

Marshall explique qu’exprimer aux autres cette qualité d’amour, de respect, d’acceptation sans condition ne signifie pas être permissif ou renoncer à nos besoins. Il explique qu’après avoir témoigné ce respect et donné de l’empathie, en prenant le temps de comprendre pourquoi ils n’ont pas fait ce que nous souhaitions, nous pouvons voir comment les amener à accéder de plein gré à notre demande.

Marshall va plus loin en expliquant que, dans certaines situations, nos enfants ne recevront pas cette acceptation et nous encourage à montrer à nos enfants comment rester humains, même face à des personnes qui ont recours à des méthodes coercitives. Il explique que lorsque son fils de 12 ans rejoignit une école classique, dès le jour de la rentrée, un professeur lui cria dessus : “Regardez-moi cette petite fille !”. Nous comprenons alors que l’enfant portait des cheveux longs. Et, ce dernier, habitué aux méthodes de communication non violente, avait retenu une leçon d’une importance majeure :

“Ne laisse jamais à quiconque le pouvoir de t’obliger à te soumettre ou à te rebeller.”

Il avait alors essayé d’entendre les sentiments et les besoins du professeur et de ne pas se sentir visé. Il avait alors entendu que le professeur voulait qu’il se fasse couper les cheveux et il avait ressenti de la tristesse pour lui car ce dernier était chauve et que les cheveux semblaient être un problème pour lui…


Un groupe qui vous soutient

Marshall souhaite encourager tous les parents qui essayent d’exercer ce rôle sans l’usage de la punition ni aucune autre forme de contrainte.  Il a beaucoup d’empathie pour la difficulté que représente parfois le métier de parent car il est tellement facile de retomber dans les schémas habituels.

Et pour conclure, il raconte que sa petite fille l’avait aidée à l’époque dans sa démarche d’apprenti parent empathique en lui disant : “Personne n’est parfait.”

“Être parent est un métier qui vaut toute la peine du monde, mais il nous arrivera de le faire de manière médiocre. Si nous décidons d’être durs avec nous-mêmes lorsque nous ne sommes pas des parents parfaits, nos enfants en souffriront.”

Pour nous soutenir dans la mise en pratique de la CNV, voici une liste qui pourra enrichir notre vocabulaire des sentiments et des besoins :

Liste-des-sentiments-et-besoins


Merci pour votre lecture les parents positifs et bienveillants et pour vos commentaires.

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2 commentaires

  • Marie

    Merci Fabienne pour ce très bon résumé ! Ou comment se faire une piqure de rappel cnv en quelques minutes au lieu de plusieurs heures ! J attends le prochain avec impatience .

    • Fabienne

      Merci Marie. Cela me motive énormément à poursuivre 😉
      Je prépare un nouveau résumé de livre pour les parents positifs et passionnés comme toi et qui n’ont pas le temps de tout lire. A bientôt,
      Fabienne

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