Apprentissages

Enfants : les conditions pour bien apprendre

A l’heure où l’on se pose tant de questions sur les meilleurs méthodes d’apprentissage (écoles alternatives (Montessori, Steiner, Freinet, éducation démocratique, home schooling…), il nous apparaît essentiel de rappeler qu’avant toute chose, il existe des conditions essentielles pour favoriser les apprentissages et développer l’intelligence de nos enfants. Ces conditions sont en lien direct avec la structure de notre cerveau d’homo sapiens Winking smile

certaines conditions peuvent favoriser l'apprentissage des enfants
crédit photo : Sarah Flug

Comment fonctionne notre cerveau ?

Pour mémoire, le cerveau comporte 3 parties : le cerveau reptilien, le cerveau limbique et le néocortex. Les 3 cerveaux communiquent entre eux mais agissent comme des organes séparés.

Pour réunir les bonnes conditions pour apprendre et développer son intelligence, chacun de nos 3 cerveaux a des besoins bien particuliers qu’il convient de respecter1. Le cerveau reptilien (en jaune sur l’image) qui décide instinctivement. Il commande nos comportements primaires tels que l’instinct de survie, assure nos besoins fondamentaux tels que la respiration ou l’alimentation et il est impliqué dans les fonctions cognitives telles que l’attention et la régulation de la peur et du plaisir. Il est binaire (oui/non) et propose la même réponse à une situation semblable, comme un réflexe.

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2. Le cerveau limbique (en rouge sur l’image) est le cerveau qui mémorise, il est le siège des émotions et des décisions. On pourrait dire qu’il décide émotionnellement.

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3. Le néocortex (en gris sur l’image) pense. Il est le centre du raisonnement, de la compréhension, de la logique, de la conscience, il gère les informations rationnelles.

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Pour réunir les bonnes conditions pour apprendre et développer son intelligence, chacun de ces 3 cerveaux a des besoins bien particuliers qu’il convient de respecter.



1. Les conditions pour bien apprendre – cerveau reptilien

En lien avec les besoins du cerveau reptilien, pour favoriser ses apprentissages, l’enfant a besoin de se sentir en sécurité. Il a donc des besoins essentiels prioritaires :

  • BOIRE de l’eau
  • MANGER le plus sainement  possible, ce qui inclut bien entendu de fuir le sucre. En effet, le sucre excite et rend “hyperactif” mais aussi, il détruit les neurones.
  • DORMIR suffisamment. Les 3 à 5 ans ont besoin de 11 à 13 heures de sommeil par jour, les 6/13 de 10 à 11 heures et les 14/17 de 9 à 10 heures. Pour réunir les conditions indispensables à ces heures de sommeil de qualité, on peut rappeler qu’il convient d’éviter les écrans. Comme proposé dans un précédent post, il existe de nombreuses alternatives aux écrans. Bon endormissement = zéro écran !
  • EVOLUER dans un lieu de vie où l’on se sait en sécurité, que ce soit à la maison ou à l’école, au périscolaire…
  • RECEVOIR DOUCEUR ET RESPECT, en d’autres termes, PAS DE VIOLENCE. L’enfant ne devrait pas en vivre (ni physique, ni verbale) de même qu’il ne devrait pas en être le témoin aussi bien dans la réalité que dans la fiction (TV, jeux…) car le cerveau ne fait pas la différence et la personne vit pleinement les émotions associées.

 

Dans son ouvrage, “L’esprit absorbant”, Maria Montessori rappelle à plusieurs reprises combien l’environnement de l’enfant devrait être doux et accueillant pour permettre à la jeune âme de se révéler et de s’épanouir et ainsi construire la personnalité unique de l’enfant.

“Nous sommes souvent ceux qui représentons un obstacle à l’enfance, et par conséquent devenons responsables d’anomalies qui durent toute une vie. Notre traitement de l’enfance doit toujours être aussi doux que possible, évitant la violence, parce qu’il nous est facile de ne pas reconnaître à quel point nous sommes violents et durs.”


A cet effet, vous êtes libres de consulter deux articles en lien avec ce thème, la violence ordinaire et élever nos enfants avec bienveillance, le résumé du livre de Marshall Rosenberg, père fondateur de la Communication Non Violente.




2. Les conditions pour bien apprendre – le cerveau limbique


En lien avec le cerveau limbique, parfois appelé cerveau émotionnel, pour favoriser ses apprentissages, l’enfant doit pouvoir ressentir des sensations agréables.

2.1 Développer la confiance en soi

Ainsi, pour développer la confiance en soi, si essentielle pour se sentir libre d’expérimenter, développer sa personnalité et s’épanouir, il est fortement recommandé de prendre le temps de s’arrêter sur TOUT CE QUI VA BIEN et TOUT CE QUI EST REUSSI.

Nous avons tous tendance à prendre pour acquis ce qui va bien et ce qui est réussi, tant avec ses enfants qu’entre adultes et à nous concentrer sur ce qui ne va pas. Quel dommage !  Valider les comportements adaptés, le respect d’une règle sans qu’on ait eu à la répéter, l’utilisation par l’enfant de la parole pour exprimer une émotion (versus un geste inadapté), une attitude empathique…. va permettre à l’enfant de développer sa confiance en lui et favoriser ses apprentissages. Dans l’idéal, valider ce qui va bien, passera par la description factuelle de ce qui a été observé plutôt que par une appréciation : c’est bien, c’est très bien, c’est pas mal…

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2.2 Le moins de “stress” possible

Chacun sait combien il est difficile de se concentrer sur une tâche lorsque l’on ressent de l’inquiétude ou une angoisse, que quelque-chose nous tourmente ou quand on sent la pression, le “stress” monter.

Une des techniques les plus simples à mettre en place : RESPIRER. Une respiration de qualité permet d’accompagner l’émotion et indirectement de faciliter les apprentissages

Le stress est étroitement lié à une respiration raccourcie, faible et trop rapide. Une respiration de qualité permet d’accompagner l’émotion et indirectement de facilier les apprentissages. On peut proposer régulièrement à l’enfant d’inspirer largement par le nez, d’élargir son torse et d’observer son ventre se gonfler puis d’expirer longuement et lentement jusqu’au bout. S’il le répète 3 à 5 fois, cela peut déjà faire la différence. On peut proposer cette technique par exemple lors d’une colère au lieu de dire à l’enfant “calme toi”. Ainsi, on lui donne un outil précieux.

Par ailleurs, pour stimuler le BIEN ETRE, nécessaire à chacun, il y a pleins d’actions quotidiennes ou d’attitudes qui permettent de se sentir bien :

  • rendre service
  • sourire
  • rire
  • faire de l’exercice
  • remercier
  • passer du temps avec ceux qu’on aime…

Attention : cela ne veut pas dire que l’on fait ce que l’on veut quand on veut. Le cadre et les limites font partie des éléments indispensables à la construction de l’enfant. En ce qui concerne les frustrations, qui permettent également de se construire, généralement, le quotidien les lui offre naturellement Winking smile



3. Les conditions pour bien apprendre – le néocortex


En lien avec le néocortex, quand ses émotions et sa sécurité sont bien assurées, les apprentissages de l’enfant seront favorisés car il est disponible mentalement. L’enfant peut alors mettre en route le néocortex pour :Quand ses émotions et sa sécurité sont bien assurées, les apprentissages de l’enfant seront favorisés

  • analyser
  • traiter les informations
  • prendre des décisions réfléchies
  • résoudre des problèmes, des défis
  • prendre du recul…


Par ailleurs, il est important de se rappeler que le cerveau sera mature vers 18/25 ans  seulement ! Cela nous permet de mieux comprendre l’immaturité cérébrale de l’enfant et le fait que les enfants ont plus besoin de sécurité affective. Certains comportements que nous observons, tels que les crises, les tempêtes émotionnelles de nos jeunes enfants ou des adolescents sont donc tout à fait normaux, puisqu’ils sont notamment dus à l’immaturité cérébrale.

 

Surtout ne me croyez pas, expérimentez…

 

 

 

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3 commentaires

    • Fabienne

      Merci pour ce commentaire encourageant. Nos enfants sont passionnants ! C’est donc une source inépuisable d’inspiration pour chercher à mieux les comprendre et les accompagner.

  • Jennifer DE CROUY-CHANEL

    Il est vrai que nous oublions trop souvent de mettre l’accent sur ce qui va bien, les réussites. Nous souhaitons faire progresser nos petits, nous insistons sur ce qui ne va pas….

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