Communication - Ecoute,  Empathie

Pourquoi mon enfant fait un caprice ? Comment réagir en 5 étapes ?

 

Très rapidement dans le stade d’évolution de notre enfant, alors qu’il commence à se mouvoir plus facilement, il ne nous écoute plus. Il souhaite évoluer à sa guise. Et ce faisant, il va rentrer de plus en plus souvent en opposition. Angry smile De plus, il le signifie vigoureusement : en criant, en tapant des pieds, en se tapant la tête avec les mains, en se roulant au sol, en essayant de nous taper… Le verdict tombe : il fait des caprices !!!

A tous les parents positifs frustrés par ces situations : posons le problème des caprices afin de mieux comprendre et surtout de trouver des solutions Rainbow

Et tout d’abord bravo !!! Vous êtes ici parce que vous vous posez des questions et, ce faisant, sans le savoir, vous avez déjà réglé 50% du problème. 

Un enfant crie dans un supermarché

 


Pourquoi est-ce que mon enfant fait des caprices ?

 

Le fait de comprendre permet d’ajouter encore 30% à la résolution du problème.

 

Nos jugements sont sans appel

Le pire que l’on puisse faire est de prendre pour argent comptant les commentaires de notre entourage qui, bien souvent, n’a rien étudié sur le sujet, n’a pas ou plus d’enfant au même stade d’évolution que le – et qui a donc oublié – et qui nous dira : “Il a du caractère celui-là !!!”, “Attention, ne te laisse pas faire !” ou encore “Il fait un caprice !”.

Et bien, il s’agit d’un jugement de valeur car, entre 0 et 4 ans, il y a toutes les chances pour que ce ne soit pas le cas Surprised smile.



 

Mais, au fait, ça veut dire quoi “faire un caprice” ?

Le dictionnaire Larousse nous annonce que “faire un caprice, c’est manifester un désir irréfléchi”. C’est donc une très bonne nouvelle car, entre 0 et 4 ans, voire même plus, notre enfant ne pose pas des actions réfléchies. Depuis le premier instant de sa création in utero, ce petit être est propulsé par une énergie de vie ultra puissante qui va lui faire fabriquer des tissus, des muscles, des os, prendre du poids et créer des connexions neuronales de façon exponentielle !!! C’est cette énergie qui le mobilise et non sa réflexion. Il vit littéralement une révolution dans son corps et sa tête au quotidien. Et cette puissance de vie, le pousse à explorer tout ce qui l’entoure par l’observation, par le toucher… C’est un besoin vital pour lui de sentir, de saisir, de jeter, de goûter, de mettre dans la bouche etc…

Les comportements des enfants sont d’abord au service de leurs propres besoins de croissance. Isabelle Filliozat



Les adultes ne comprennent pas

Fin d’une longue journée de travail. Je suis fatiguée mais heureuse de retrouver mon chez-moi et mes enfants. Je les trouve beaux, pleins de vie. Mon mari a préparé le repas. Je me sens pleine de gratitude. Alors que chacun s’installe à table, d’un coup, comme surgi de nulle part, mon petit Arthur, 2 ans, se met à crier. C’est une sorte de rage mêlée à de la détresse. Je pense tout d’abord qu’il s’est fait mal ou qu’il s’est passé quelque-chose avec son grand frère. Puis, je crois comprendre : j’ai utilisé le bol blanc à la place de la tasse bleue pour verser sa soupe… Consternation. Il pleure pour ça !!! Je souhaite en avoir le cœur net alors je transvase la soupe dans la tasse bleue. Les pleurs cessent comme par magie.

Notre première pensée en tant qu’adulte sera que notre enfant fait un caprice. D’ailleurs, nous le signifions immédiatement à notre enfant et tâchons de nous montrer ferme pour lui faire savoir que l’on n’accepte pas ce genre de comportement pour des broutilles.



Les spécialistes ne parlent pas de “caprice”

En effet, avec cette réaction à la situation décrite plus haut, nous sommes totalement à côté de la plaque !!!

 

Le besoin d’ordre

Entre 6 mois et 5/6 ans, l’enfant a besoin de repères précis. Il a besoin de comprendre son environnement et il réalise de nombreuses actions pour y parvenir, telles que l’observation et le toucher. Cela lui permet de construire sa compréhension. On lui a montré que la soupe se mange dans une tasse bleue. Sans nécessairement y prendre garde, nous avons toujours utilisé le même contenant et les choses se sont inscrites ainsi dans sa tête.

Si on change ce qui pour lui était un élément de compréhension, de stabilité, un repère, ça se bouscule dans son esprit et il réagit vivement.

Maria Montessori parle du besoin d’ordre de l’enfant. Quand on survole cette notion, ça peut faire sourire les parents qui ne voient pas du tout, l’expression d’un besoin d’ordre chez leur enfant ! Mais Maria Montessori a passé de nombreuses années à observer les enfants et détaille le fruit de ses observations dans plusieurs ouvrages. Au paragraphe “nouveau né” du résumé de son livre “l’Enfant dans la famille”, vous trouverez un exemple concret.

jouets alignés par l'enfant qui a besoin d'ordre

Par ailleurs, il est également très intéressant de prendre connaissance de l’approche d’Isabelle Filliozat sur ce point précis. Dans son ouvrage de référence, “J’ai tout essayé”, elle cite le cas d’une petite fille et de son papa assis dans le compartiment 6 places  d’un  train. Au début du voyage, la fille et son papa son seuls et la petite fille choisit un siège au hasard. Puis vient un autre voyageur et sa place numérotée correspond au siège sur lequel la petite fille est assise. Le papa demande donc à sa fille de laisser cette place et de venir près de lui. Mais alors, d’un seul coup, elle se met à hurler, pleurer et le papa se trouve totalement désemparé et impuissant. Il est fort probable qu’il se mette en colère fasse à ce qu’il va étiqueter comme un caprice.

Isabelle Filliozat explique clairement que quelque-chose s’est construit dans le cerveau de la petite fille et qu’il lui est impossible de déconstruire cela. Pour parvenir à aider ‘l’enfant dans une telle situation, elle suggère que le papa prenne un temps de clarification avec sa fille. Tu as choisis cette place. C’est devenu ta place. Si tu veux bien changer de place, cela va devenir ta place. C’est différent.

Evidemment, avec notre regard d’adulte, nous allons immédiatement penser. Quelle différence est-ce que ça fait ? C’est la même chose. En exprimant à notre enfant, c’est la même chose, nous apportons encore plus de confusion dans son esprit. L’enfant a justement fait un travail de construction pour différencier les sièges.

 

Le besoin d’expérimenter par lui-même

C’est le milieu de l’après-midi. Encore une belle journée ensoleillée. J’ai joué avec Capucine, 1 an et demi, au parc et j’ai pu vibrer à la vue de son large sourire à chaque fois que je l’élançais sur la balançoire… De retour à la maison, il est grand temps de prendre le goûter. Elle voit une banane sur la table, la saisit et, sans plus de formalité, la porte à la bouche. J’interviens pour prendre la banane en lui disant que je vais retirer la peau. C’est alors que Capucine rentre dans une rage folle, s’agite dans tous les sens et se met à pleurer. Je voulais juste retirer la peau !

Dans son ouvrage “L’esprit absorbant de l’enfant”, Maria Montessori explique :

Le premier instinct de l’enfant est d’agir seul, sans l’aide d’autrui, et son premier acte conscient d’indépendance est de se défendre de ceux qui essaient de l’aider. Il cherche toujours à faire un effort plus grand pour agir par lui-même.

Peu lui importe ce que savent déjà les autres : il veut apprendre par lui-même, avoir son expérience du monde, le percevoir par son propre effort.

Donc à chaque fois que l’on voit notre enfant en difficulté dans une situation et qu’on lui propose notre aide, nous le coupons dans son élan et son besoin d’autonomie. D’ailleurs, généralement, nous proposons notre aide mais au final, nous faisons à la place de notre enfant. Et cela ne l’aide en rien.

Alors, évidemment, parfois, il n’est pas aisé de trouver comment nous pouvons “l’aider à faire seul”. Nous allons développer notre créativité. Au moins, laissons-le expérimenter la chose difficile, impossible ou inadaptée et laissons-le découvrir le résultat. La peau de la banane a mauvais goût. Mais si maman a incisé légèrement au niveau de la queue, notre Capucine aura le plaisir de retirer la peau elle-même et de croquer la banane ensuite Winking smile. Pour les situations qui se répètent, nous allons pouvoir anticiper pour adapter l’environnement aux besoins d’expérimentation de notre enfant.

 

Les autres besoins

Il existe plusieurs autres besoins fondamentaux que nous aurons l’occasion de détailler et qui, s’ils ne sont pas respectés, peuvent créer des situations de “tempête émotionnelle”. Nous pouvons lister les plus importants :

  • les besoins physiologiques : faim, soif, chaud, froid, envie de faire pipi…
  • les besoins affectifs : amour, câlin
  • le besoin de jouer
  • le besoin de repos
  • le besoin d’empathie, de compréhension…

une maman donne de l'empathie a son enfant en pleurs

 

Comment réagir en 5 étapes ?

Si vous avez bien suivi, il ne nous reste plus que 20% du problème à régler. Youpi !!! Alors comment je réagis à un pseudo caprice ?

  1. En situation de tempête émotionnelle de mon enfant, je prends une large inspiration (qui soulève mes cotes) (environ 5 temps) et je souffle longuement (environ 10 temps)

  2. J’essaye de comprendre quel besoin n’a pas été satisfait et je donne de l’empathie à mon enfant – même si à ce moment là, je pense “encore une crise, j’en peux plus, il va avoir ma peau…” et même si mon enfant a besoin de temps pour “sortir” de sa colère

  3. Je communique avec des mots simples – même avec les tous petits – sur ce que j’ai compris de la situation et propose des solutions, une réparation, une alternative

  4. Dès le retour au calme, je rassure mon enfant, je lui montre mon amour, je propose de l’aider à comprendre ce qu’il s’est passé à l’intérieur de lui (la frustration, la colère…). Son esprit pourra enregistrer qu’il est soutenu dans ce genre de situation et le retour au calme en sera facilité

  5. J’anticipe (autant que faire se peut) toutes les situations qui provoquent une “tempête émotionnelle” : je respecte ses besoins fondamentaux (ce qui inclut mettre ses vêtements dans l’ordre habituel par exemple), je donne de l’information si je dois modifier une routine, je demande à mon enfant si c’est ok pour lui de faire que l’on procède de telle ou telle façon


Surtout ne me croyez pas, expérimentez…


Notre apprentissage de la parentalité est chemin de développement sur lequel on progresse pas à pas.


Laissez-moi vos commentaires et questionnements. Quelle est la situation qui vous frustre dans votre relation avec votre enfant ?

 

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3 commentaires

  • LINTANFF

    Ma soeur, je reconnais bien les étapes par lesquelles tu passes en de telles circonstances. J’ajoute que la patience dont tu fais preuve en tant que maman est la meilleure alliée d’une parentalité positive 🙂

  • Marie

    Merci fa! Je devrais vraiment lire un article par jour , pour forcer mon cerveau à mettre plus d empathie dans nos relations . Grâce à toi , aujourd’hui en tout cas, ils en auront ! Merci !

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